Nous avons les uns et les autres fait le choix de vivre à la campagne avec un petit coin de terrain à entretenir. Il peut arriver que cette envie de nature ait, à notre corps défendant et paradoxalement, des effets néfastes sur l’environnement : traitements abusifs, tailles et tontes excessives, gestion des déchets, artificialisation des sols… Moyennant quelques gestes simples il est cependant possible de concilier notre bien-être avec le respect des écosystèmes dons nous profitons, sans surcroit de travail.
Semer une pelouse sera par exemple préférable aux enrobages ou dallages bétonnés qui imperméabilisent de grandes surfaces…mais comment et pourquoi prendre soin de nos petits carrés d’herbe ? Les pelouses jouent un rôle important en matière de biodiversité, abritant une incroyable quantité de petits animaux tout en assurant une protection efficace aux micro-organismes et vers de terre qui vivent en dessous. Entretenir sa pelouse ce n’est donc pas seulement permettre que l’on puisse s’y détendre c’est aussi protéger l’écosystème qui la constitue. On veillera notamment, si l’on veut respecter ses habitants, à ne pas la tondre trop souvent et pas à moins de 7cm. Si la configuration de la surface à tondre le permet il sera préférable de commencer par le centre en se dirigeant petit à petit vers la périphérie (vous permettrez ainsi aux locataires de fuir vers les extrémités du terrain.). Entre 150 et 200 m2 on pourra préférer la tonte manuelle avec une tondeuse à la lame hélicoïdale. Au-delà et notamment pour les grandes surfaces, le choix pourra être fait de ne tondre que certaines zones, en laissant se développer plantes et fleurs dans des zones plus sauvages qui feront le bonheur des insectes pollinisateurs. Si la tonte des bords de route peut parfois se justifier pour des questions de sécurité il est conseillé d’adopter les règles que se fixent les services techniques des collectivités locales qui ne passent, à juste titre, que deux fois par an (voir Clayes de l’info de Juillet 2019).
Planter une haie diversifiée vous permettra de bénéficier d’une barrière naturelle et esthétique avec des floraisons étalées et des feuillages aux couleurs variées… Composée de différentes espèces végétales elle joue un rôle essentiel dans l’équilibre de notre environnement, en accueillant une grande diversité d’êtres vivants, abeilles, papillons, oiseaux, petits mammifères… Elle constitue également une protection efficace contre le vent et les intempéries, réduit la force des rafales, protège les cultures et les bâtiments et limite l’érosion des sols dont elle améliore la structure. Ses racines facilitent l’aération, limitent le ruissellement de l’eau et enrichissent la terre en matières organiques grâce à la chute des feuilles. La haie diversifiée, plus résistante aux maladies, joue également un rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elle capte le dioxyde de carbone, contribuant à réduire les gaz à effet de serre, à réguler localement la température et à conserver l’humidité.
Et pourquoi pas cultiver un potager de légumes ou de petits fruits rouges ? S’offrir le plaisir de manger des produits frais et cueillis à maturité, donc plus « goûtés » ! Un potager doit être bien exposé, avec un bon ensoleillement et protégé des vents. Prévoir à proximité une zone de compostage pour enrichir le terrain au fil du temps et un point d’eau pour l’arrosage, idéalement une réserve d’eau de pluie. Pour éviter de laisser le sol nu notamment l’hiver et fertiliser le terrain, on peut pailler avec les végétaux du jardin (feuilles, tontes de pelouse en faible épaisseur ou tailles d’arbustes broyées BRF) ce qui permet de recycler les déchets verts. On peut aussi semer un engrais vert qui sera enfoui avant sa floraison (moutarde, phacélie par exemple). En fin d’hiver, au traditionnel bêchage on pourra préférer le soulèvement et décompactage des mottes à l’aide d’outils tels que la grelinette qui aère le sol et maintient les éléments nutritifs en surface. On peut cultiver des variétés classiques ou traditionnelles achetées auprès de pépinières locales, alternatives aux grandes enseignes. Associer judicieusement légumes, fleurs et aromates améliorera les rendements, certaines plantes éloignant les « nuisibles » qui auraient attaqués leurs voisines…La rotation des cultures permet par ailleurs d’éviter l’appauvrissement du sol ou la propagation des maladies. Une alternative à la contrainte des arrosages outre le paillage est l’enterrement d’oyas ou de pots de fleurs recouverts de soucoupes (moins cher) au pied des plants gourmands en eau.
Dernière suggestion planter des arbres fruitiers dans nos jardins. Les arbres agissent à la fois en faisant de l’ombre mais aussi en refroidissant l’air qui les entoure par évaporation d’eau. Alors ne peut-on pas joindre l’utile à l’agréable et planter un fruitier ? Il aura la même efficacité thermique qu’un arbre d’ornement et nous donnera des fruits. Mais quelle variété choisir ? Si l’objectif n’est pas d’avoir une forte production on peut privilégier des fruits dont la saveur nous plait. Le principal avantage des « anciennes » variétés est qu’elles ont, en général, été sélectionnées par la pratique populaire pour leur intérêt gustatif et sont souvent plus résistantes aux maladies. L’association « Les mordus de la pomme » à Quévert (22) a beaucoup œuvré pour répertorier les variétés existantes et propose une mine d’informations. Surtout n’hésitez pas à goûter les fruits avant de choisir plutôt que de faire confiance aux descriptions des pépiniéristes. Cueillis à maturité les fruits auront plus de saveurs et plus d’originalité que les fruits de production intensive plus standardisés et conservés en chambre froide pour prolonger leur période de vente.
Entretenir nos espaces verts:
Les mordus de la pomme

Association de plantes

Semences

Clayes de l’info -07/19

