Ces derniers temps nous avons mis l’accent sur les déchets et la façon de les réduire pour aller vers un développement durable. Or l’industrie textile est aujourd’hui devenue un des importants producteurs de déchets. Récemment la fast-fashion a défrayé la chronique lors de l’arrivé de la marque « Shein » dans le magasin BHV à Paris. Nous vous proposons ici une réflexion succincte sur ces questions.
Comment définir la fast-fashion ?
La fast fashion, littéralement « mode rapide », concerne les produits textiles et plus particulièrement les vêtements. Une meilleure traduction serait « mode éphémère ». Elle est caractérisée par des produits bon marché, de faible qualité, en fibres synthétiques, produits par une main d’œuvre peu rémunérée en l’absence de normes (sociales, environnementales, toxicité). Mais la principale caractéristique est, sans doute, le renouvellement fréquent des collections (jusqu’à 36 fois par an, contre 4 dans la mode classique) qui incite au changement. Ce mode de consommation frénétique s’est répandu à partir des années 2000 avec l’accentuation de la mondialisation.
Quels sont les impacts de la fast-fashion?
Déstabilisation des acteurs de la collecte de vêtements par l’excès de vêtements de basse qualité non réutilisables. Ces difficultés ont provoqué récemment un arrêt de la collecte (pendant 10 jours) par la coopérative « Le Relay » qui réclame une plus forte contribution de la part de la filière de vente textile.
Impact sur l’environnement :Les fibres synthétiques issues de la pétrochimie ne sont pas biodégradables à court terme et libèrent dans notre environnement des micro-plastiques que ce soit au moment de leur production ou de leur utilisation. Le transport depuis les lieux de production (en Asie) contribue à la production des gaz à effet de serre (GES) par le transport maritime. Après utilisation, les vêtements non ré-utilisés en Europe sont souvent exportés vers pays du sud (Afrique, Amérique du sud), générant là encore des GES. De plus ces pays sont mal équipés pour détruire les déchets et ceux-ci vont libérer là aussi des micro-plastiques qui finissent souvent dans la mer.
Impact sur l’humain : Certaines fibres utilisées libèrent des composés toxiques (formaldéhyde, phtalates, colorants azoïques …) nocifs pour ceux qui produisent les vêtements et pour ceux qui les portent. Cette évolution du commerce international contourne les régulations et normes que l’Europe avait établi pour nous protéger. Une absence de normes qui est particulièrement visible, dans les pays de production, pour les revenus des ouvriers, les risques d’accidents ou le travail des enfants.
Que peut-on faire aujourd’hui ?
Favoriser la réutilisation. C’est l’objectif premier des dons de vêtements à des associations et entreprises comme Le Relay qui trient et revendent des vêtements de seconde main à prix bas. C’est la meilleure revalorisation et ces ventes permettant de rémunérer la collecte et le tri. Malheureusement, comme on l’a déjà dit, cette collecte, en place depuis 30 ans, est aujourd’hui mise en péril par la fast-fashion qui inondent le marché de vêtements de basse qualité, non réutilisables.
Signalons également que la revente en ligne de vêtements d’occasion par des sites comme Vinted a pour effet d’augmenter les transports de colis par la route. La vente locale (friperies, braderie, Leboncoin mais localement…) semble donc préférable et particulièrement justifiée pour les vêtements d’enfants par exemple.
Recycler les textiles. Les textiles peuvent être recyclés pour refaire de la matière première : des mélanges de fibres synthétiques et naturelles pour refaire des vêtements ou divers matériaux comme des isolants. Le recyclage en matière première représente actuellement 25 % des collectes de l’entreprise « Le Relay ». Cependant ce mode de recyclage reste fragile et doit être soutenu par la filière : par exemple le coût de ces fibres recyclées est souvent supérieur à celui des fibres naturelles ce qui rend le procédé peu compétitif sur le plan économique s’il n’est pas aidé.
Dire non à la fast-fashion. La collecte pour réutilisation et recyclage sont bien sûr très intéressantes et le don de vêtements aux organismes de collecte reste une solution pour nos vêtements non portés mais il faudrait, à l’achat, revenir vers des produits de meilleure qualité pouvant être portés plus longtemps. Des associations comme le collectif « Stop Fast-Fashion » tentent de convaincre le gouvernement de limiter la dérive vers la fast-fashion et leur action semble faire bouger les lignes.
Le made in France : Les vêtements produits en France ne représentent plus aujourd’hui que 3 % des vêtements achetés par les Français bien qu’ils soient de bonne qualité : leur coût est souvent dissuasif par comparaison avec celui des vêtements d’importation. Un autre collectif « En mode climat » propose un système bonus/malus taxant la fast fashion qui permettrait de soutenir la filière française.
Les marques éthiques : Ces marques privilégient des matières durables, la production locale ou responsable, et le respect des droits des travailleurs. Parmi elles, on trouve par exemple Slood, WeDressFair, Veja, 1083 et Patagonia.
Conclusion
Nous sommes tous des consommateurs avec nos propres contradictions et il ne s’agit pas de culpabiliser ou stigmatiser qui que ce soit. Le coût des vêtements peut évidemment être un critère déterminant selon les moyens dont on dispose. Nous ne pouvons que suggérer de refuser les incitations commerciales abusives, refuser de suivre le dictat de cette mode débridée qui nous incite à changer souvent. Prolonger la durée de vie de nos vêtements et permettre leur réutilisation ou leur recyclage doit rester ou redevenir un objectif commun. Remarquons également que la basse qualité finit par couter plus cher : acheter des produits mieux conçus, qui durent plus longtemps peut permettre, au final, d’économiser.La Fast fashion
Ces derniers temps nous avons mis l’accent sur les déchets et la façon de les réduire pour aller vers un développement durable. Or l’industrie textile est aujourd’hui devenue un des importants producteurs de déchets. Récemment la fast-fashion a défrayé la chronique lors de l’arrivé de la marque « Shein » dans le magasin BHV à Paris. Nous vous proposons ici une réflexion succincte sur ces questions.
